Tumeurs
testiculaires non séminomateuses (TNS) avancées :
Curage
rétropéritonéal systématique ?
Dr. : Hanah
Lamallem
Avec
les progrès des traitements médicaux dans la prise en charge de TNS, il est
important de pouvoir parler de désescalade des traitements. Ainsi le cisplatine
a complètement modifié le pronostic des patients avec une TNS.
Une question reste ouverte concernant la place du curage ganglionnaire
rétropéritonéal (lombo-aortique) après chimiothérapie des TNS en réponse
complète (réponse complète définie par des marqueurs indétectables et des
ganglions <1 cm sur le scanner après chimiothérapie).
Cet
article rapporte le suivi à long terme de patients traités pour une TNS
métastatique (adénopathies retropéritonéales ou maladie disséminée) qui ont
bénéficié d’une chimiothérapie à base de cisplatine, en réponse complète et qui
ont fait l’objet d’une surveillance, sans curage rétropéritonéal. Il s’agit
d’une analyse rétrospective monocentrique concernant 141 patients, 109 patients
traités avant 1995. Avec un suivi médian de 15,5 ans (de 6 mois à 24 ans, 5
patients ont un suivi < 2 ans), il a été observé 12 récidives (9%),
survenues dans un délai médian de 11 mois. Parmi ces récidives, 5 sont des
récidives tardives (3 à 13 ans). Ces derniers sont tous en vie à la dernière
actualisation.
La
survie à 15 ans estimée, sans rechute est de 90 % et la survie spécifique de
97%.
Parmi les 12 patients ayant présentés une récidive, 4 patients sont décédés de la maladie. Ces 4 patients ont récidivé dans l’année qui a suivi la chimiothérapie. Les 8 autres sont indemnes de maladie (suivi médian de 11 ans). 50% des
récidives sont retropéritonéales. Ces 6 patients présentaient au moment de la
prise en charge des adénopathies retropéritonéales ≥ 2 cm. La majorité des récidives correspondent à des tumeurs germinales actives et non du tératome
pur. Le seul facteur prédictif de rechute en analyse univariée est la
classification internationale du groupe de tumeurs germinales. Les bons
pronostics ont une survie sans rechute estimée à 15 ans de 95% vs 73% pour les
risques intermédiaires et hauts risques. Concernant la survie spécifique elle
passe de 99% à 91% (rechute non retropéritonéales plus fréquentes chez les
patients avec un risque intermédiaire ou un haut risque). Cependant pour
limiter les biais dus à l’analyse rétrospective les patients sont pour la
plupart inclus dans des essais avec une analyse prospective. Ces résultats
corroborent ceux rapportés par d’autres équipes.
Les auteurs concluent que les récidives retropéritonéales sont peu fréquentes
après réponse complète à la chimiothérapie. L’évaluation des patients s’est de plus améliorée avec les progrès de l’imagerie. Le
curage rétropéritonéal ne doit plus être systématique. Les auteurs
vont jusqu’à ne plus réaliser de scanner après avoir obtenu une réponse
complète après chimiothérapie. Concernant les patients qui présentent dans la
tumeur initiale du tératome et la persistance de masses visibles résiduelles
<1cm après chimiothérapie, ils leur proposent une surveillance
scannographique à 6 mois et 1 an après la chimiothérapie.
Yaron Ehrlich et coll.
Long-Term Follow-Up of Cisplatin
Combination Chemotherapy in Patients With Disseminated Nonseminomatous Germ
Cell Tumors: Is a Postchemotherapy Retroperitoneal Lymph Node Dissection Needed
After Complete Remission? Journal
of Clinical Oncology, Vol 28, No 4 (February 1), 2010: pp. 531-536