Bienvenue
au Ramadan 2009
Ca y est, c'est le Ramadan ! Pour beaucoup
ce mois sacré signifie jeûne.
Le
Prophète (QSSL) a dit : ‘’ Jeûnez, vous acquérez la
santé’’
(Rapporté par Ibn Sounny). Le jeûne enseigne l'autodiscipline, raffermit la
volonté et exerce l’homme à l’endurance. Il réunit les conditions pour que cet
apprentissage réussisse. C’est une véritable école de la discipline, de
l’endurance et de la patience. Jeûner ne se limite pas à ne pas manger et boire
mais c’est également, pour le musulman, une reprise du contrôle du corps par
la raison, une maîtrise de ses pulsions, de ses envies… Ce contrôle va dépasser
largement le domaine alimentaire pour englober la langue et ce qu’elle peut dire,
la vue et sur quoi le regard est dirigé, l’ouie et ce que l’oreille peut
entendre, l’humeur et sa tendance à l’irritabilité…Il s’agit en fait d’une
véritable reprise en main du corps.
Pour en revenir au corps, le
métabolisme hydrique du corps humain subit une véritable mise à
niveau : pendant toute l’année, il fonctionne vers l’extérieur (perte
d’eau par respiration, transpiration, à travers les urines et les selles), tout besoin est
signalé par la soif et compensé par un apport à n’importe quel moment de la
journée.
Durant
le mois de Ramadhan, la personne ne peut pas répondre aux sollicitations de la
soif durant la journée, obligeant l’organisme à chercher l’eau dont il a besoin
ailleurs. Il va le faire en réduisant ses pertes :
ainsi les urines deviennent moins abondantes et donc plus concentrées comme en
témoigne leur couleur foncée, les selles deviennent plus fermes voire dures
avec tendance à la constipation…En période de jeûne, il se produit une sorte de
réactivation d’un mécanisme qui est peu sollicité en cours d’année, ce
mécanisme permet à l’organisme de puiser sur ses ressources intérieures et de
réduire ses pertes.
Durant les deux ou trois premiers jours de jeûne, le taux de
sucre dans le sang diminue, il se manifeste par une sensation de
faim. Les jours suivants, il se produit une inversion du système hormonal,
l’insuline dont l’activité était prédominante le reste de l’année va céder la
place au glucagon dont l’action est antagoniste à celle de l’insuline. Le
glucagon va augmenter le glucose dans le sang et le rendre disponible aux
cellules, pour
cela il va puiser dans les réserves de l’organisme, notamment les graisses.
L’entrée en action du glucagon va atténuer la sensation de faim au cours du
mois de Ramadan et si les apports en aliments ne sont pas excessifs le soir,
il va aider à réduire le poids, en diminuant les graisses en surplus au niveau
de l’organisme.
Le corps possède les moyens de se
régénérer. ‘’La
vie cellulaire est dynamique; elle se renouvelle constamment et le jeûne
stimule ce renouvellement.’’ Le jeûne offre une occasion
exceptionnelle à ‘’l’organisme pour digérer ses toxines, ses cellules et ses
tissus endommagés. Le corps peut ainsi se détoxiquer et même rajeunir en profondeur.
Ramadan et rythmes de sommeil
Le
but de ce jeûne est d’échapper aux conditions matérielles de la vie humaine et
de se rapprocher ainsi de Dieu. Peut-être l’esprit y parvient-il, mais le
corps, lui, reste assujetti à des contingences très matérielles telles que le
sommeil et l’alimentation.
Le
temps d’endormissement s’allonge en période de jeûne et l’organisation des
différentes phases du sommeil se modifie. Le temps global de sommeil diminue,
mais de façon inégale ; la proportion de sommeil non paradoxal augmenté
tandis que le temps de sommeil paradoxal (phase de sommeil durant laquelle on
rêve) lui, diminue.
En même temps que
ces modifications du sommeil, des perturbations du rythme circadien de
température sont également observées. Il existe en effet, des variations
cycliques de la température du corps au cours d’une journée, et celles-ci sont
décalées de 2 à 3 heures pendant la période de jeûne. Une augmentation de la
température corporelle est également enregistrée la nuit. En bref, le jeûne modifie les rythmes physiologiques du sommeil et de la température,
les deux étant liés. Ces modifications seraient liées à l’inversion des rythmes
alimentaires et à l’ambiance plus festive le
soir qui favorise un coucher plus tardif !
Sur trente jours, un « véritable déficit de sommeil réparateur » risque de se
développer mettant souvent les nerfs à rude épreuve en fin de Ramadan. Il faut
donc veiller à s'économiser, à ne pas se
coucher trop tard le soir. Enfin, le
moment n'est pas le meilleur pour toutes prouesses physiques. Mieux vaut se
tenir tranquille.
Comment
peut-on concilier Ramadan et bonne santé ?
Le ramadan entraîne un changement des
horaires alimentaires mais on doit essayer de maintenir toujours 3 repas : un repas au moment de l’Iftar , un 2ème
deux à trois heures plus tard et enfin le Shour avant l’aube. Ceci implique
un changement du comportement alimentaire pour mieux s’adapter aux
bouleversements métaboliques et hormonaux. Il faut, notamment, boire plus que
d’habitude
(produits laitiers), choisir des aliments contenant des sucres lents
(céréales, farines, semoule…), consommer des fruits frais pour leur richesse en
vitamines. Il est conseillé de faire la rupture du jeûne avec des dattes et du lait ou
produit laitier ou de l’eau voire un fruit et de différer le repas à une ou
deux heures plus tard. Ce dernier doit être riche en légumes et en salade avec
de l’huile d’olive. Faire du couscous le repas du Shour est un bon choix, car
il est riche en sucres lents, ce qui convient parfaitement au jeûne.
Cette
année le jeûne du Ramadan tombe en été, période très chaude où les journées
sont longues. Quels conseils dans ces cas-là pour tenir le coup ?
Ce n’est pas facile pour tout le monde de
rester sans boire et sans manger durant toute la journée surtout en cette
période de fortes chaleurs.
Il
faut veillez à son équilibre hydrique !
Notre corps se compose d'environ 60% d'eau.
L'eau transporte les matières nutritives et les déchets. Elle régule aussi la
température du corps. Les performances diminuent directement en cas de
déshydratation. Dès
2% de perte d'eau de notre masse corporelle, notre corps ne fonctionne plus
qu'à 80%. Et
si la perte d'eau s'accroît encore, des douleurs désagréables peuvent alors
apparaître. La soif est un signal d’alerte qui se déclenche dès que le déficit
hydrique atteint 1%. C’est comme le clignotant d’essence de la voiture. On ne doit pas attendre qu’il s’allume pour se préoccuper de faire le plein ».
L’apport hydrique nécessaire se situe entre 35 et 50 ml/kg, soit environ 1,5 litrean à prendre entre l’Iftar et le Shour.
La plupart des jeûneurs ne savent pas gérer
les repas à partir de l’Iftar. La faim endurée durant la journée pousse
certains à se gaver de repas gras, de sucres rapides et de pâtisseries toute la nuit. Et ceci ne peut qu’accentuer la faim et la fatigue le jour d’après. Les capacités
physiques sont diminuées durant la journée, il faut donc ménager l’organisme en
dormant, en se reposant tout en respectant quelques règles.
Tout le monde peut-il le
jeûner ?
Le Ramadan s’adresse
certes à tous les musulmans à partir de la puberté. Cependant toute personne fragile ou sensible doit être
suivie médicalement pendant la durée du jeûne. Il faut en effet garder à
l'esprit que si le jeûne ne semble pas perturber un organisme sain, il induit
chez les sujets porteurs d'affections chroniques, une déshydratation, une
aggravation de leurs pathologies mais surtout il donne lieu à des modifications
de l'observance médicamenteuse.
Il faut être
spécialement vigilant cette année parce que Ramadan aura lieu dans une période
chaude. On doit insister sur un point très important : l’importance de l’eau.
Il va falloir que les personnes très âgées et ayant une santé assez fragile ne
jeûnent pas parce qu’elles vont perdre de l’eau à longueur de journée à travers
la sueur. Elles risquent donc de se déshydrater. Le problème concerne
également les personnes malades qui doivent avoir trois prises de médicaments
ou plus pendant la journée. Généralement ces prises doivent être accompagnées
d’eau.
En dehors de ces exceptions, certaines
personnes souffrent de maladies chroniques comme les diabétiques, doivent
vérifier leur état de santé bien avant Ramadan. Et c’est à leur médecin
traitant de juger si elles sont en mesure de jeûner. « Il y a plusieurs types
de diabète. Généralement, on préfère que les diabétiques ne jeûnent pas. Ces
derniers peuvent doublement être affectés par le problème de métabolisme de
l’eau. Un diabétique a absolument besoin de boire. Toutefois, si son diabète
est bien équilibré, son médecin peut lui permettre de jeûner. Et c’est le repas
du Shour qui s’avère être le plus important pour les diabétiques. Ils
doivent en effet, prendre une bonne quantité de sucre lent durant le
Shour et aussi boire le plus d’eau possible ».
Quelles
sont les contre-indications majeures ?
·
Les femmes enceintes ne devraient pas pratiquer le
jeûne du Ramadan. Néanmoins, pour celles qui tiennent absolument à le faire,
une surveillance médicale accrue est nécessaire.
· Les
personnes atteintes de troubles métaboliques.
·
Les patients diabétiques traités à l'insuline et qui ne
sont pas équilibrés. Il est impératif de consulter son diabétologue. Celui-ci
pourra alors prévoir un protocole d'insulinothérapie fonctionnelle. Les
principaux risques pour les diabétiques sont les excès lors de la rupture du
jeûne et la non adaptation de leur traitement antidiabétique au cours de cette
période de jeune.
· Les
personnes qui ont un diabète non insulinodépendant, traités avec des antidiabétiques oraux,
peuvent normalement faire le ramadan. Cependant, ceux qui ont un diabète de type 2 traités aux sulfamides doivent ajuster la posologie, et faire contrôler plus fréquemment leur
glycémie. Il faut qu'ils demandent conseil à leur médecin.
· les personnes souffrant d'insuffisances rénales ou les dialysés,
il est fortement déconseillé d'observer le jeûne.
·
Enfin, les patients greffés ou avec un
rein unique ne doivent pas non plus jeûner.
·
Pour les personnes faisant de la lithiase rénale
(calcul rénal), le ramadan induit une recrudescence des crises, surtout s’il
fait très chaud. Les malades ne sont pas en interdiction absolue de jeûner,
mais ils doivent boire beaucoup d'eau entre le Maghreb et le Shour.
·
Bien sûr, en cas d'hospitalisation, il ne faut pas
débuter le Ramadan.
·
Lorsque le malade est soumis à un traitement où les
prises sont fréquentes et à horaires fixes, le jeûne peut être interdit. Il
faut alors voir avec le médecin.
Résolution du Conseil de l’Académie
islamique du Fiqh (
Jeddah
du 23- 28 Safar 1418 H correspondant à 28 juin- 3 juillet 1997) relative aux
substances entraînant la rupture du jeûne dans le domaine de la médication :
·
Ayant pris connaissance des recherches faites au sujet des
« substances entraînant la rupture du jeûne dans le domaine de la médication »
et des recommandations émanant du 9ème séminaire médical à la lumière du Fiqh
organisé par l’Organisation islamique des Sciences médicales, en collaboration
avec l’Académie et d’autres institutions, à Casablanca - Maroc du 9 au 12 Safar
1418 H (14 au 17 juin 1997);
·
Ayant écouté les délibérations qui ont eu lieu à
ce sujet avec la participation de Fouqahas et de médecins; et examiné les
arguments à partir du Livre Saint, de la Sunna et des avis des Fouqahas;
Décide ce qui suit:
v
Premièrement:
N’entraînent pas la
rupture du jeûne:
·
Une goutte dans l’oeil ou dans
l’oreille, le lavage auriculaire, une goutte nasale ou la pulvérisation nasale,
à condition de ne pas avaler le liquide ayant atteint la gorge.
·
Les
comprimés placés sous la langue pour soigner une angine de poitrine ou toute
autre maladie, à condition de ne rien avaler.
·
Tout ce qui est introduit dans
l’utérus, qu’il s’agisse de suppositoires, d’eau de bain, d’uréteroscope ou
d’auscultation par toucher vaginal.
·
L’introduction dans l’utérus d’un
uréteroscope, d’un stérilet ou de tout autre instrument similaire.
·
Tout ce qui est introduit dans
l’urètre (canaux urinaires) de l’homme ou de la femme: sonde urinaire,
uréteroscope, substances radio opaques, médicaments, solutions pour le lavement
de la vessie.
·
L’obturation ou l’extraction dentaire,
le nettoyage des dents au moyen d’un cure-dent ou d’une brosse à dents, à
condition de ne rien avaler.
·
Le bain de bouche, le gargarisme, la
pulvérisation buccale, à condition de ne rien avaler.
·
Les injections sous-cutanées,
intramusculaires ou intraveineuses, à l’exclusion des perfusions et liquides
nutritifs (sérums).
·
L’oxygène.
·
L’anesthésie par vaporisation, à
condition de ne pas administrer au malade des liquides nutritifs.
·
Tout ce qui pénètre dans le corps par
absorption cutanée, qu’il s’agisse de crèmes, de pommades ou de patchs cutanés
contenant des produits médicamenteux ou chimiques.
·
L’introduction d’un cathétérisme pour
la coronographie des vaisseaux du coeur ou d’autres organes.
·
La fibroscopie par laparoscopie pour
examiner les intestins pour y procéder à une opération chirurgicale.
·
La biopsie du foie ou d’autres organes
sans administration de solutions ou de liquides.
·
La fibroscopie ou la gastroscopie sans
absorption de liquides ou d’autres produits.
·
L’introduction de tout instrument ou
produit dans le cerveau ou la moelle épinière, à des fins thérapeutiques.
·
Le vomissement involontaire,
contrairement au vomissement provoqué.
v Deuxièmement
:
Le
médecin musulman se doit de recommander à son malade de reporter les
différentes formes de traitement précitées jusqu’après la rupture du jeûne, à
condition que cela ne porte pas préjudice à sa santé.
v Troisièmement:
Différer toute décision concernant les cas suivants, en attendant un surcroît
d’étude et d’analyse pour en connaître l’effet sur le jeûne, tout en mettant
l’accent sur la Tradition du Prophète et les récits de ses Compagnons:
· Le vaporisateur
broncho-dilatateur et l’inhalation de vapeurs médicamenteuses.
· La phlébotomie et la
pratique de la saignée.
· La prise de sang aux
fins d’analyse et la transfusion sanguine (pour le donneur comme pour le
receveur).
· L’hémodialyse
péritonéale (placement d’un drain dans la paroi abdominale pour faire entrer
une solution appropriée d’ions qui s’échange avec ceux du sang à travers le
péritoine) ou le rein artificiel.
· Tout ce qui est
introduit dans l’anus: injection rectale, suppositoires, rectoscope ou toucher
rectal lors d’une auscultation médicale.
· Les opérations
chirurgicales sous anesthésie générale, lorsque le malade a déclaré la veille
son intention d’observer le Jeûne et ne s’est fait administrer aucune solution
ou liquide nutritif.
wenchallah romdhanekom mabrouk