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Le ronflement affecte-t-il vraiment la qualité du sommeil du conjoint ?

Le ronflement affecte-t-il vraiment la qualité du sommeil du conjoint ?

Après 40 ans, le ronflement pendant le sommeil est d’une grande fréquence, puisqu’il affecte près de 35 % de la population générale. Il n’est pas rare que le conjoint en souffre, et se plaigne d’une altération de la qualité du sommeil. En conséquence, le ronflement chronique est souvent mal vécu et, dans bon nombre de cas, c’est le scénario de la chambre à part qui s’impose pour mettre un terme à ce conflit conjugal, si bien évoqué par Tolstoï quand il parlait de l’enfer de la chambre à coucher. Tout cela appartient cependant au domaine subjectif.

Une étude prospective a cherché à analyser les répercussions du ronflement nocturne, en mesurant objectivement les effets sur la qualité du sommeil du conjoint. 21 couples, dont l’épouse se plaignait des ronflements de son mari, ont été enregistrés ensemble une nuit dans un laboratoire du sommeil, puis l’épouse a été enregistrée une seconde nuit, cette fois seule. Ont été analysés les signes objectifs suivants : ronflement, paramètres respiratoires et résultats de l’enregistrement polysomnographique du sommeil. Ces données ont été comparées chez l’épouse en présence et en l’absence de son mari.

Sur les 21 couples inclus initialement, sept ont été finalement exclus parce que 6 épouses ronflaient elles-mêmes pendant 10 % de leur temps de sommeil et qu’une était atteinte d’un syndrome d’apnées du sommeil. Parmi elles, 5 passaient plus de temps que leur mari à ronfler. Finalement, la durée totale du sommeil, l’efficacité du sommeil, la durée d’éveil intra-sommeil, l’index des micro-éveils de l’épouse se sont avérés identiques, avec ou sans son mari à ses côtés. Le seul paramètre affecté par le ronflement a été le pourcentage de stade de sommeil lent léger qui s’est avéré plus élevé en présence du mari ronfleur (p=0,009).

Au total, le ronflement du conjoint n’altère pas les paramètres de la qualité du sommeil, sauf le pourcentage de stade de sommeil lent léger. Dans 14 % des cas, l’épouse peut ronfler plus que son mari, d’où la nécessité d’une analyse objective des doléances des uns et des autres. Ces résultats doivent être confirmés sur une plus grande échelle, l’effectif de cette étude étant faible.

Ref. : Blumen M et coll. : Le ronflement affecte-t-il objectivement la qualité du sommeil du conjoint ? 115e congrès de la Société Française d’ORL et de chirurgie de la face et du cou (Paris) : 12-14 octobre 2008.


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