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Cancers colorectaux : caractéristiques anatomocliniques & facteurs histo-pronostiques

Cancers colorectaux : caractéristiques anatomocliniques & facteurs histo-pronostiques

Notre étude a porté sur une série de 368 cas consécutifs de CCR colligés au service d’Anatomie Pathologique du CHU Mustapha (Alger) sur une période de 8 ans (Janvier 2000 – Décembre 2007). Elle comporte 2 parties :

  • Une réévaluation à partir du matériel inclus en paraffine d’une série de 215 cas. colligés entre Janvier 2000 et Mai 2005
  • Une étude prospective de 153 cas.

Les caractéristiques anatomocliniques ont été étudiées pour l’ensemble des cas, les facteurs histo-pronostiques pour les cas recrutés en prospectif. Il en ressort que :

- Les cancers colorectaux sont de plus en plus fréquents, ils touchent un peu plus l’homme que la femme (sex-ratio= 1,1); l’âge moyen des patients au moment du diagnostic est relativement précoce (55 ans). Le colon gauche représente la première localisation aussi bien chez l’homme que la femme (38,5%), suivie du rectum (27,7%) et du colon droit (26,3%). Le cancer rectal est un peu plus fréquent chez la femme ; il siége dans 80% des cas dans le moyen ou le bas rectum ; 2 pics sont observés, l’un chez le sujet jeune entre 30-40 ans, le second chez le sujet âgé.

Le diagnostic de CCR est porté tardivement, expliquant le stade avancé des tumeurs ; 10% des patients ont présenté une occlusion intestinale aigue, 12% avaient des métastases synchrones.

- 14% des CCR sont au stade I, 41% au stade II , 33% au stade III et 12% au stade IV de la classification pTNM. En comparant les 2 séries rétrospective et prospective, nous remarquons qu’il y a plus de stades II dans la série rétrospective (51% vs 27%) et inversement, plus de stades III dans la série prospective (39% vs 28%). Les stades III ont été très probablement sous-évalués. Le nombre de ganglions examinés s’est nettement amélioré tout au long de notre travail : la moyenne est passée de 5 ganglions prélevés /patient dans la série rétrospective à 15 ganglions prélevés /patient dans la série prospective. Les tumeurs sont relativement de grande taille ; les adénocarcinomes bien différenciés sont prédominants.

L’étude du phénotype MSI, des facteurs histo-pronostiques, du suivi des patients et l’analyse de survie montrent : la perte d’expression d’une protéine MMR dans 9 % des CCR ; nos résultats concernant les caractéristiques anatomocliniques des CCR MSI + sont concordants avec les données de la littérature. La survie globale (SG) est de 58,6% à 24 mois, la survie sans récidive (SSR) de 55,3% à 22 mois. L’analyse univariée montre que la survie est associée aux facteurs histo-pronostiques suivants : degré d’envahissement pariétal (T), statut ganglionnaire (N), métastases (M), stade TNM, résidu tumoral (R), emboles vasculaires, infiltration endonerveuse et au caractère diffus de l’infiltration tumorale. La survie ne semble pas être associée au grade histologique, au phénotype MSI, à la mutation de P53 et au Ki-67. L’analyse multi variée montre que les facteurs histo-pronostiquesassociés à la survie globale sont l’atteinte ganglionnaire et la présence d’un résidu tumoral. Les facteurs histo-pronostiques associés à la survie sans récidives sont l’atteinte ganglionnaire, la présence d’un résidu tumoral et un l’envahissement pariétal > à T2.

Le statut ganglionnaire et le résidu tumoral sont les facteurs histo-pronostiques principaux en analyse multi variée, conformément à ce qui est rapporté dans la littérature.

Ces deux facteurs sont souvent sous-évalués en pratique courante ; ils sont tributaires d’une exérèse chirurgicale carcinologique et d’une étude anatomopathologique rigoureuse ; leur évaluation nécessite une étroite collaboration entre chirurgien et pathologiste expérimentés.

- La valeur pronostique des facteurs moléculaires (P53, Ki-67) est controversée et non encore validée ; les méthodes d’étude demandent à être standardisées.

- Le pronostic des CCR reste péjoratif. L’application des dernières recommandations internationales pour le diagnostic, la stadification, le traitement et le dépistage des CCR permettra de l’améliorer. Les progrès enregistrés dans la compréhension de la carcinogenèse colorectale vont aboutir à une classification moléculaire de ces cancers avec l’individualisation d’entités ayant des caractéristiques cliniques et biologiques propres permettant des thérapies individualisées.


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