Publicité

sante-dz - Actualités - Les femmes enceintes ne sont pas à l'abri d'une deuxième toxoplasmose

Les femmes enceintes ne sont pas à l'abri d'une deuxième toxoplasmose

Les femmes enceintes ne sont pas à l'abri d'une deuxième toxoplasmose

S'il est une infection que craignent les femmes enceintes, c'est bien la toxoplasmose : combien d'entre elles, sans savoir exactement ce qu'en seraient les conséquences, évitent le porc mal cuit et fuient leurs chats si câlins ? Elles n'ont pas tort, loin de là : une infection précoce, aux premier et deuxième semestres, pourrait dégénérer en toxoplasmose congénitale sévère avec risque de décès et d'avortement spontané, et une contamination tardive, bien qu'habituellement moins grave, fait courir à la progéniture un risque de choriorétinite ultérieure. Les contrôles, faits dès le début de la grossesse, obligeront une grande majorité à subir des sérologies mensuelles, et permettront à quelques autres de pousser un soupir de soulagement : séropositives, qu'elles aient fait une forme apparente ou non, elles se savent maintenant protégées...

Ce dogme, celui qu'une infection confère une immunité qui protège contre toute réinfection, doit-il être remis en question ? Peut-être, si l'on en croit le cas extraordinaire rapporté par A Elbez-Rubinstein et al. Leur patiente, âgée de 31 ans et native de France, avait donné naissance à un enfant qui, très vite, devait présenter des signes de sepsis grave rapportés après de nombreuses investigations et traitements symptomatiques plus antibiothérapie à une toxoplasmose congénitale (évoquée par l'ophtalmologiste découvrant une choriorétinite multifocale des deux yeux et confirmée par PCR et inoculation de sang à la souris). Le problème, c'est que la mère, qui présentait malgré tout un terrain immunitaire particulier attesté par l'existence d'une thyroïdite de Hashimoto, était connue comme immunisée depuis des années et disposait déjà en 2001 de résultats d'analyses montrant la présence d'IgG « protectrices » aux taux habituels.

Le cas a bien entendu été analysé dans ses moindres détails et la littérature revue (six cas publiés grossièrement comparables mais moins bien documentés en 30 ans). Il est apparu, en ce qui concerne la patiente citée, que la seconde infection devait être due à un génotype parasitaire particulièrement virulent et rarissime en Europe mais bien connu en Amérique du sud (dont la Guyane), dit IPP-2002-URB ; les anticorps contre le type II, hyper majoritaire en France, n'empêcheraient donc pas une infection maternelle ni congénitale par certains autres, sud américain en l'occurrence. Le danger augmente lors d'un voyage à l'étranger, mais pas seulement : la contamination a certainement eu lieu, ici, au décours de la consommation de viande de cheval importée et consommée crue.

La conclusion s'en tire d'elle même : femmes enceintes européennes, évitez les viandes d'importation exotique pendant votre grossesse quel que soit votre statut immunitaire. Pour une fois, ce sera pour un autre motif qu'un vulgaire et mercantile protectionnisme national !

Elbez-Rubinstein A et coll. Congenital toxoplasmosis and reinfection during pregnancy : case report, strain characterisation, experimental model of reinfection, and review.J Infect Dis., 2009; 199:280-285


Publicité
Ce site utilise des cookies
Si vous voulez poursuivre votre navigation sur le site sante-dz.com et ses sites associés, veuillez accepter les Conditions Générales d'Utilisation en cliquant sur Continuer. En continuant votre navigation sans cliquer sur Continuer, vous acceptez automatiquement ces conditions.