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sante-dz - Actualités - Cancer métastatique du rein : l’immunothérapie combinée déçoit…presque toujours !

Cancer métastatique du rein : l’immunothérapie combinée déçoit…presque toujours !

Cancer métastatique du rein : l’immunothérapie combinée déçoit…presque toujours !

Le traitement standard du cancer du rein métastatique repose sur l’interféron alpha-2a. Mais les résultats restent médiocres avec une médiane de survie de 10 mois et une survie de 15 % à 5 ans. Pour améliorer le pronostic plusieurs pistes thérapeutiques sont à l’étude. Les traitements ciblés (temsirolimus, sunitinib, sorafenib, bevacizumab…) ont permis d’obtenir pour certains des survies sans progression et des survies globales significativement supérieures à celles procurées par l’interféron. Une autre voie de recherche repose sur des associations de traitements à visée immunothérapeutique. C’est ainsi que Atzpodien et coll. ont pu obtenir des taux de réponses de 39 % avec une association interféron alpha-2a, interleukine-2- fluorouracil. Mais ces résultats n’ayant pu être reproduits par tous les centres, il a paru important de les confirmer ou de les infirmer dans le cadre d’un large essai multicentrique européen.

Une survie globale équivalente…

Mille six patients atteints d’un cancer du rein métastatique ont été randomisés en ouvert entre un traitement par interféron alpha-2 (3 fois par semaine jusqu’à progression de la maladie ou apparition d’effets toxiques inacceptables) et une association interféron alpha-2a, interleukine-2- fluorouracil en deux cures délivrées à 9 semaines d’intervalle en l’absence de progression de la maladie ou d’effets secondaires inacceptables. 

Globalement les résultats ont été équivalents en terme d’efficacité. Ainsi la survie moyenne a été de 18,8 mois dans le groupe interféron alpha-2a contre 18,6 mois avec la triple association (NS). De même, la survie à un an a été identique (67 % dans les deux groupes) tandis que la survie à 3 ans était de 30 % dans le groupe interféron alpha-2a et de 26 % avec la triple association (NS). La survie sans progression a également été équivalente dans les deux groupes. 

La triple association a par ailleurs, comme on pouvait s’y attendre, été moins bien tolérée avec 53 % d’effets secondaires de grade 3 ou 4 contre 36 % avec l’interféron seul (p<0,0001).

…mais plus de réponses au traitement avec l’association

Mais malgré ces résultats décevants dans l’ensemble, les auteurs soulignent un avantage du traitement combiné échappant aux statistiques globales de survie ou de survie sans récidive : une réponse au traitement a été plus souvent constatée sous l’association que sous l’interféron seul (23 % contre 16 % ; p=0,0045) et, de plus, les réponses complètes observées dans 11 cas dans chaque groupe ont été plus prolongées avec la triple association (durée médiane non atteinte) qu’avec l’interféron en monothérapie (médiane 15,6 mois).

Il semble donc que cette association de traitements à visée immunothérapeutique n’ait pas d’intérêt par rapport à l’interféron alpha-2a dans la très grande majorité des cas mais que, cependant, elle puisse permettre d’obtenir chez certains rares patients des rémissions complètes très prolongées. Il serait donc important de pouvoir déterminer a priori quels sont les quelques malades qui pourraient bénéficier de cet effet thérapeutique.

Gore M et coll. : Interferon alpha-2a versus combination therapy with interferon alpha-2a, interleukin-2, and fluorouracil in patients with untreated renal cell carcinoma (MRC RE04/E0RTC GU 30012): an open-label randomised trial. Lancet 2010; publication avancée en ligne le 11 février 2010 (DOI:1016/S0140-6736(09)61921-8).


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