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Relation entre varicocèles et obésité

Relation entre varicocèles et obésité

 Des investigateurs de Rhode Island, aux Etats-Unis, ont évalué la relation entre l'indice de masse corporelle et la prévalence des varicocèles chez les hommes stériles.

Des cas isolés semblent indiquer que les varicocèles sont moins nombreuses chez les patients obèses que chez les patients ayant un poids normal. Dans cette étude, 3213 hommes stériles ont été examinés afin de déterminer la présence ou l'absence de varicocèles palpables (grades I à III) et leur prévalence a été évaluée en fonction de l'indice de masse corporelle (IMC).

Dans l'ensemble, 72 % des patients (2329 sur 3213) qui ont été évalués dans cette étude présentaient une surcharge pondérale et avaient un IMC de 25 kg/m² ou plus. Environ un tiers des patients (34 %) avait des varicocèles. Les varicocèles siégeaient du côté gauche chez 27,5 % des patients, du côté droit chez 0,7 % des patients et des deux côtés chez 5,8 % des patients. Les patients indemnes de varicocèles avaient un IMC moyen plus élevé que les patients avec des varicocèles (28,5 ± 5,6 kg/m± versus 26,7 ± 4,0 kg/mm² ; p < 0,001). La prévalence des varicocèles a diminué de manière significative avec l'augmentation du poids, quel que soit le grade des varicocèles (p < 0,001). Dans le groupe de patients à poids normal (IMC < 25 kg/m²), 43 % des patients (378 sur 884) avaient des varicocèles contre 35 % des patients (540 sur 1549) du groupe en surcharge pondérale (IMC > 25 kg/mm² et < 30 kg/mm²), 27 % des patients (140 sur 522) du groupe des obèses (IMC > 30 kg/mm² et < 34,9 kg/mm²) et 14 % des patients (35 sur 258) du groupe des très obèses (IMC > 35 kg/mm²) (figure).

Relation entre l'indice de masse corporelle et la prévalence des varicocèles.
Relation entre l'indice de masse corporelle et la prévalence des varicocèles.

Les auteurs ont reconnu que la présence de tissu adipeux dans le cordon spermatique pouvait être un facteur dans la diminution de la détection des varicocèles. Une explication plus probable aux observations de l'étude serait toutefois que l'augmentation du tissu adipeux autour de la veine rénale gauche puisse jouer un rôle de protection de la veine rénale contre la compression (et le syndrome du casse-noisette).

Il s'agit  du premier article publié concernant la pertinence clinique de la varicocèle et de l'obésité. En effet, l'étiologie de la varicocèle et son impact sur la fertilité sont en grande partie encore inconnus. Des études antérieures ont examiné la proximité des varicocèles et du tissu musculaire chez de jeunes adolescents afin d'essayer de déterminer l'impact de la situation physique sur la formation des varicocèles [1].

Ces dernières années, l'indice de masse corporelle (IMC) a été impliqué dans l'étiologie d'un nombre croissant de maladies. Par conséquent, une étude explorant la relation entre l'IMC et la varicocèle, et potentiellement la stérilité, n'est pas inattendue.

Toutefois, pour pouvoir revendiquer une pertinence clinique, cet article doit être étayé par la médecine basée sur des preuves, avec intégration d'un groupe témoin et randomisation des patients. Par ailleurs, des outils diagnostiques spécifiques (écho-Doppler couleur) doivent être utilisés afin de vérifier le diagnostic de varicocèle obtenu sur l'examen clinique. Il est probable que cela explique la prévalence des varicocèles plus élevée dans cette série que dans la littérature sur le sujet. Il serait important que cette étude soit suivie de la réalisation d'une étude similaire examinant l'IMC chez des hommes fertiles à des fins de comparaison.

La détermination de l'impact du tissu adipeux sur la veine rénale et le phénomène du casse-noisette est à la fois difficile et hypothétique. De toute évidence, l'obésité ne doit pas être encouragée dans la pratique quotidienne pour la prévention de la varicocèle. Même si les résultats de cette étude sont acceptés, l'impact de l'obésité sur la santé générale est bien connu, en particulier en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires qui menacent le pronostic vital.

Il reste provocateur de dire que chez les hommes obèses, on retrouve moins de varicocèles, et peut-être moins de cas de stérilité, alors que dans la réalité, le déséquilibre hormonal qui accompagne l'obésité peut entraîner le cas contraire. Il est par conséquent trop tôt pour tirer des conclusions concernant l'impact de l'obésité sur la varicocèle. Des études supplémentaires basées sur des preuves seront nécessaires pour confirmer les hypothèses avancées sur ces questions difficiles.

Réf. : Delaney DP, Carr M, Colon TM, et al. The physical characteristics of young males with varicocele. BJU Int. 2004; 94:624-6.


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