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sante-dz - Conseils - L’allaitement maternel

L’allaitement maternel
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L’allaitement maternel

Une mère allaitant un bébé.

Une mère allaitant un bébé.

Une mère allaitant un bébé.

La lactation est une fonction physiologique qui caractérise une classe entière d'êtres vivants, les mammifères. Le mot mammifère vient du mot latin mammae qui signifie sein ou mamelle ou glande mammaire.

Dans le règne animal, la plupart des femelles donne naissance à un grand nombre de petits afin de compenser la forte mortalité après leur naissance. La lactation constitue "une chance considérable pour le nouveau-né qui peut s'accorder avec un environnement plus ou moins hostile dans la mesure où son alimentation et sa protection contre des agents pathogènes sont assurés par le lait de la mère". La glande mammaire est donc intimement liée à la reproduction; elle prolonge d'une certaine façon la vie intra-utérine. On dit que la reproduction génère la vie et qu'elle assure ainsi la survie de l'espèce. Mais sans lait, peu d'espèces de mammifères pourraient assurer la survie de leurs nouveaux-nés après la naissance. La glande mammaire assure ainsi la survie du jeune qui, à sa naissance, ne peut se nourrir que du lait maternel.

Sur le plan anatomique, chez la femme , chaque sein est constitué d'un tissu graisseux plus ou moins important qui lui donne sa forme et dans lequel se trouve la glande mammaire, qui est composée d'un ensemble de lobules et de canaux.

La structure de base de la glande mammaire est l'acinus, constitué de cellules sécrétrices de lait, relié à un canal lactifère qui conduira le lait le long de nombreuses ramifications vers un pore, ouverture située sur le mamelon.

En période d'allaitement, le lait est produit dans les lobules et transporté des lobules jusqu'au mamelon par les canaux galactophores.

Anatomie de la glande mammaire vue de face

Anatomie de la glande mammaire vue de face

Anatomie de la glande mammaire en coupe

Anatomie de la glande mammaire en coupe

Evolution de la glande mammaire au cours de la vie

Chez la femme, le développement de la glande mammaire dépend de 3 facteurs interdépendants :l'âge,la composition du tissu mammaire et l'environnement hormonal. L’essentiel de la croissance mammaire se fait après la puberté et ne se termine qu'au cours de la première grossesse menée à terme.

A la naissance, les structures mammaires sont rudimentaires. Le sein reste quiescent pendant l'enfance. La croissance du sein est en général le premier signe de la puberté ; elle précède d'environ 2 ans la survenue des premières règles.Le sein va se développer grâce à l'hormone oestrogène produite par les ovaires.

Les seins sont très sensibles aux changements hormonaux. Pendant les 2 premières semaines du cycle menstruel, la stimulation par l'oestrogène provoque la croissance des canaux. Pendant les 2 dernières semaines du cycle menstruel, une autre hormone la progestérone provoque la croissance des lobules ce qui explique la congestion des seins juste avant les menstruations.

Au cours d’une grossesse, le sein se prépare à la lactation dès le début de celle-ci mais la différentiation sécrétoire se fait dans la seconde partie de la grossesse : formation des alvéoles mammaires à partir des bourgeons terminaux des canaux, mais la progestérone inhibe la lactation jusqu'à l'accouchement. La femme va constater une augmentation du volume de ses seins, un assombrissement et un élargissement de l'aréole, le développement de tubercules sur l’aréole. Les seins augmentent en taille et deviennent plus lourds. L’apport sanguin aux seins augmente et c’est pourquoi les veines deviennent plus foncées et visibles. Les glandes situées sur l’aréole (glandes de Montgomery) augmentent et commencent à sécréter une substance huileuse qui lubrifie la peau et qui possède des propriétés anti-infectieuses. Ce développement de la glande mammaire va permettre la synthèse du lait, qui peut débuter parfois avant la naissance, dès le 4èmemois de grossesse (écoulement de colostrum).

L’expulsion du placenta (la délivrance) signale à l’organisme qu’il doit commencer à produire du lait mature : le taux des hormones stéroïdiennes chute et la glande mammaire peut commencer à sécréter le lait, sous l'influence de la prolactine.

A l'accouchement, la chute du taux sanguin d'oestrogènes et de progestérones s’accompagne d’une libération massive de prolactine pour la fabrication de lait dans les acini. Aussi longtemps que la mère allaite, les acini continuent à se développer. Après le sevrage, les acini disparaissent et les canaux galactophores s'atrophient.

Lors d'une tétée, dès les premiers mouvements de succion, la glande mammaire démarre la sécrétion du lait : la concentration de prolactine augmente et permet la synthèse du lait, alors que l'ocytocine produite contracte les fibres musculaires qui entourent les alvéoles pour assurer l'expulsion du lait vers les pores. C'est le réflexe d'éjection. Ces deux hormones sont synthétisées par l'hypophyse, glande située à la base du cerveau, et déversées dans le réseau sanguin.

La taille des seins n’a aucun rapport avec l’aptitude à produire suffisamment de lait. Les femmes qui ont des seins de petite taille ne produisent pas moins de lait que les femmes qui ont des seins de taille plus importante.

Après la ménopause, l'arrêt des sécrétions ovariennes provoque l'involution progressive de la glande mammaire. Les lobules disparaissent et sont remplacés par du tissu fibreux et adipeux.

Anatomie de la glande mammaire en coupe

Anatomie de la glande mammaire en coupe

Rôle des hormones

La fonction mammaire est sous l'influence d'hormones qui sont produites par les ovaires. La production d'hormones par les ovaires est sous la dépendance de sécrétions hormonales cérébrales, depuis la période de la puberté jusqu'à celle de la ménopause.

Le sein est sensible à de nombreuses hormones : stéroïdiennes (oestradiol, progestérone, androgènes, cortisol) peptidiques (prolactine, hormone de croissance, insuline). Les estrogènes ont un rôle essentiel dans le développement mammaire. La progestérone est nécessaire à la différentiation lobulo-alvéolaire du sein. Ces deux hormones, oestradiol et progestérone, agissent en synergie et sont nécessaires au développement d'une glande apte à la lactation.

Les oestrogènes activent le développement des seins au moment de la puberté ; ces hormones sont fabriquées au cours de la première partie du cycle menstruel, après les règles. La progestérone a une action complémentaire à celle des oestrogènes ; elle est principalement secrétée en deuxième partie du cycle, avant les règles.

La prolactine est l'hormone lactogène : après l'accouchement, sa sécrétion intense provoque la montée laiteuse. Elle a aussi un rôle dans le développement de la glande mammaire : elle contribue à la différentiation des alvéoles au cours de la grossesse. L'entretien de la lactation ou galactopoïèse se fait sous son influence . La sécrétion de prolactine va être entretenue pendant toute la durée de l'allaitement, en réaction à la succion du mamelon par le bébé. En dehors de cette période, la prolactine n'intervient pas dans la fonction mammaire.

Les autres hormones (hormone de croissance, l'hormone lactogène placentaire, cortisol) interviennent également dans le développement de la glande mammaire.

Schéma de l’action hormonale sur la glande mammaire

Schéma de l’action hormonale sur la glande mammaire

Le lait maternel : composition et bénéfices

La composition du lait maternel en lipides (graisses), protéines et glucides (sucres) mais aussi en de très nombreux autres éléments, est spécifique à l'espèce humaine, et convient exactement aux besoins et aux capacités des bébés humains. Ce lait contient également de nombreux éléments tels que des anticorps, qui protègent le bébé de maladies ou diminuent leur intensité et favorisent la guérison.

La composition du lait varie au fil des mois et s'adapte à la croissance, l'évolution et l'environnement du bébé.

Le premier lait sécrété par la mère après l’accouchement s’appelle le colostrum. C’est un lait épais et coloré, presque orange. Le colostrum répond tout de suite aux besoins essentiels du bébé qui vient de naître. Il apporte sous un faible volume et dans les bonnes proportions tous les éléments dont le nouveau-né a besoin. Il est riche en anticorps qui protègent le bébé contre les agressions microbiennes du milieu ambiant. Il contient beaucoup de protéines, des sucres, des vitamines, des sels minéraux et des acides aminés .

Au bout de 2 à 3 jours, au moment de ce qu’on appelle la « montée de lait », le volume de lait produit augmente brusquement. Le lait devient plus blanc. Au bout de 3 semaines environ, c’est le lait mature, qui prend souvent un aspect bleuté, presque translucide. Avec l’âge du bébé, le lait continue à augmenter en volume. La composition correspond à l’âge et aux besoins du bébé.

La composition du lait varie également au cours de la tétée : lait aqueux au début puis progressivement plus riche en graisse à la fin de la tétée.

L'allaitement maternel protège les enfants d'infections des voies respiratoires, de diarrhées, de septicémies, de méningites bactériennes, d'infections urinaires, du diabète insulinodépendant, du lymphome, d'allergies, d’obésité et d'autres pathologies. Un meilleur développement cognitif et psychomoteur des bébés est également assuré par l'allaitement.

Les composants majeurs du lait maternel sont: l'eau (87,5 % env.), les glucides (7% env.), les lipides (4% env.), les protides (1% env.), les micronutriments (0,5% env.). Mais ces proportions et ces composants sont amenés à se modifier constamment en fonction des besoins et de l’âge du bébé, de l'heure de tétée ou des débuts et fins de la tétée. Seul le lait de l’espèce humaine répond aux besoins du bébé humain. Selon l’OMS, la diversification de l’alimentation (introduction de nourriture solide) n’est souhaitable qu’après l’âge de 6 mois.

L'alimentation de la femme allaitante

La composition du lait maternel est relativement stable et ne varie que dans une faible proportion en fonction du mode de vie et de l’alimentation de la mère qui devra se nourrir et boire normalement, en suivant les indications de son appétit et de bon sens. Aucun aliment n'est interdit mais il faut savoir que le thé, le café, les boissons alcoolisées et le tabac se retrouvent partiellement dans le lait maternel.

Le bébé

Dès les premières minutes suivant la naissance, une série de réflexes va permettre au bébé de téter: mouvements des membres lui permettant d'accéder au mamelon ; réflexe de fouissement, qui lui permet de chercher activement le mamelon; réflexe de succion enfin.

Le réflexe de succion et de déglutition du bébé

Le réflexe de succion et de déglutition du bébé

La première mise au sein doit être précoce, peu de temps après l'accouchement. Les réflexes de fouissement et de succion du bébé sont à leur maximum pendant les deux heures qui suivent la naissance. Après la sixième heure, ces réflexes diminuent progressivement pour ne réapparaîtrent vraiment efficacement qu'après la quarante-huitième heure.

Déroulement de la tétée : Il faut laisser le bébé téter le premier sein aussi longtemps qu'il le souhaite. Les premiers jours avant que la montée laiteuse se fasse, le bébé doit téter les deux seins à chaque tétée, pour favoriser cette montée laiteuse des deux cotés.Normalement il montre lui-même quand il a fini en lâchant le sein.La mère devra apprendre à observer le comportement de son enfant pour savoir quand terminer la tétée.

Pour la mère, la tétée précoce réduit les risques d'hémorragie du post-partum.

Pour le bébé, la première tétée permet de faciliter le démarrage de l'allaitement maternel grâce au réflexe de succion, qui est à son paroxysme dans les deux premières heures de vie.

L’allaitement est à la demande, c'est la base d'un allaitement maternel réussi.

Pratique de l’allaitement

Un bon positionnement du bébé qui tète est un facteur de réussite de l’allaitement car il permet une succion adéquate nécessaire à un nourrissage correct. Dans une position de sécurité, le dos du bébé repose contre l’avant-bras de la mère, sa tête est mobile dans le creux de son coude, son épaule est dans l’axe de l’oreille et de la hanche.

Position de sécurité durant l’allaitement

Position de sécurité durant l’allaitement

La succion du bébé crée chez la mère un réflexe de fabrication/éjection qui fournit à la demande le lait maternel au bébé. C’est le bébé qui, par son action de succion, crée le lait chez sa mère.

Le bébé doit pouvoir téter chaque sein entre 10 et 20 minutes pour aller jusqu’au bout du cycle de la lactation. Les tétées durent en moyenne de 5 à 45 minutes suivant l'âge et la faim du nourrisson. Le lait change de composition tout au long de la tétée et devient de plus en plus riche en lipides. On conseille de donner les deux seins au début pour stimuler la lactation mais il faut bien vider chaque sein pour que le bébé puisse profiter du lait gras de fin de tétée.

La lactation de la mère se met en place grâce à des tétées complètes, fréquentes et exclusives. Ces tétées se déroulent, au moins dans les premières semaines, le long des vingt-quatre heures de la journée. Le nombre des tétées va de 8 à 12 tétées les premières semaines. L'allaitement est un prolongement de la grossesse. Celui-ci peut être interrompu volontairement, sur indication médicale dans certains cas particuliers très rares.

Le lait maternel est en permanence à disposition, il est toujours à bonne température, 37°, il est gratuit, la quantité s'adapte, en fonction des sollicitations de l'enfant, il protège le bébé contre les infections, il se digère plus facilement et permet un développement psychomoteur meilleur qu’avec un allaitement artificiel. Pour la maman, il permet la contraction de l’utérus après l’accouchement diminuant ainsi les hémorragies du post-partum, le retour au poids d’avant la grossesse, améliore la minéralisation osseuse tout en diminuant le risque du cancer de l’ovaire et du sein.

L’allaitement maternel est protégé par des recommandations internationales de l’Unicef et de l’OMS.


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