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sante-dz - Conseils - Le pèlerinage à la Mecque sera-t-il affecté par le risque de pandémie de grippe A H1N1 ?

Le pèlerinage à la Mecque sera-t-il  affecté par le risque de pandémie de grippe A H1N1 ?
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Le pèlerinage à la Mecque sera-t-il affecté par le risque de pandémie de grippe A H1N1 ?

Le pèlerinage à la Mecque sera-t-il  affecté par le risque de pandémie de grippe A H1N1 ?

Le pèlerinage à la Mecque sera-t-il  affecté par le risque de pandémie de grippe A H1N1 ?

Le pèlerinage à la Mecque sera-t-il  affecté par le risque de pandémie de grippe A H1N1 ?

Au 13 août 2009, le nombre total de cas déclarés de grippe A H1N1 s’élevait à 182166 cas et 1799 décès dans plus de 170 pays .La carte de répartition des cas dans le monde, montre qu’aucune région n’est épargnée même si le maximum de cas est retrouvé aux Amériques, en Europe et en Australie. Le Continent Américain est le plus touché et compte à lui seul 105 882 cas répertoriés dont 106 décès. L’Asie du Sud-est recense 13 172 cas dont 106 décès. Quand à l’Europe, elle dénombre environ 32 000 cas reconnus dont 53 décès. La région Pacifique de l’Ouest déplore 50 décès et 27 111 cas. Les pays les plus touchés par la Grippe A H1N1 n’étant plus obligés de répertorier chaque cas de Grippe A ni de procéder à des analyses systématiques, les données concernant le nombre de malade sont donc en dessous de la réalité. L’Afrique et le Moyen Orient semblent les moins atteints mais qu’en sera-t-il après la Omra au courant du mois de septembre (petit pèlerinage) et surtout le Hadj au mois de novembre qui correspond à la venue de l’automne, propice aux épidémies ?

Plus de 3 millions de pèlerins provenant de 178 pays, se sont rendus en 2008 à la Mecque  pour le Hadj. A ce chiffre, il faut ajouter les résidents locaux qui désirent accomplir le pèlerinage, et près de deux millions de fidèles sont attendus cette année pour le Hadj  prévu en novembre c’est-à-dire en période automnale.

Répartition des cas de grippe A H1N1 à travers le monde au 6 juillet 2009 (selon l’OMS)

Répartition des cas de grippe A H1N1 à travers le monde au 6 juillet 2009 (selon l’OMS)

Il est à prévoir que lors de ce rassemblement, une propagation de la grippe AH1N1 aura lieu.

En vue de palier à ce risque, une réunion des ministres arabes de la Santé s’est tenue au Caire le 22 juillet 2009. Cette réunion s’est terminée par des recommandations  appelant à ne pas autoriser le pèlerinage pour les personnes de plus de 65 ans et pour les enfants de moins de 12 ans,  ainsi que les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, pathologies hépatique, rénales, etc...) afin de limiter la propagation du virus A (H1N1). Les ministres de la Santé arabes avaient également recommandé à ce que les femmes enceintes soient interdites de pèlerinage.

Ces mesures (en plus de la médication type Tamiflu) qui visent à protéger au maximum les futurs hadjis n’empêcheront pas le virus de la Grippe AH1N1 de se répandre car seule une vaccination spécifique (non encore disponible) est en mesure de jouer un tel rôle.

L'important est de limiter le plus possible l'impact de la maladie en repérant rapidement les cas et en offrant des soins médicaux adéquats aux malades plutôt que de chercher à l'empêcher de se propager. Cependant cette détection n'aide pas à limiter la propagation de la maladie car le virus peut se transmettre d'une personne à une autre avant l'apparition des symptômes.

Certains pays arabes et musulmans ont annoncé mettre en applications ces restrictions qui concernent les pèlerins les plus vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, enfants de moins de 12 ans et personnes atteintes de maladies  chroniques).On peut citer la Tunisie, l’Egypte, l’Iran, la communauté musulmane de France qui par la voix du président du Conseil français du culte musulman (CFCM) déconseille la Omra cette année.

Pour l’Algérie, après une 1ère annonce de mise en applications de ces recommandations, revient en arrière et préfère surseoir à la mise en application de ces recommandations. Plusieurs autres pays arabes en font de même et à leur tête l’Arabie Saoudite. Ainsi le directeur général de l'Office national du Hadj et de la Omra, Cheikh Berbara a déclaré  sur les ondes de la radio nationale que «la décision des autorités saoudiennes de ne pas restreindre les quotas des pèlerins aux différents pays conforte l'Algérie qui n'a pas jugé utile d'appliquer les recommandations des ministres arabes de la Santé qui consistent à empêcher les personnes âgées de plus de 65 ans d'accomplir le pèlerinage M. Berbara a assuré, par ailleurs, que l'Algérie renforcera les mesures sanitaires pour éviter toute contamination des pèlerins de la grippe porcine ( ?). Et d'ajouter que «la majorité des inscrits algériens au Hadj 2009 est constituée des plus de 60 ans. Empêcher des milliers d'Algériens d'accomplir ce pilier de l'islam est dénué de tout bon sens.»

Le cheikh d'Al Azhar et le mufti de la République d’Egypte (les 2 plus hautes autorités religieuses musulmanes d'Égypte)  ont renvoyé la balle dans le camp des autorités sanitaires, se disant prêts à examiner la conformité d'une demande de report du Hadj  avec la loi islamique.

L'Arabie Saoudite où l’on note une forte progression du virus A (H1N1), avec environ 600 cas diagnostiqués, avait annoncé n'autoriser à l'accomplissement du pèlerinage que les personnes dont l'âge est compris entre 12 et 65 ans et d’exiger même un certificat médical pour chaque pèlerin prouvant qu’il n’est atteint d’aucune maladie chronique, avant d'annuler cette restriction. Dans un communiqué où elle se veut rassurante, la  direction générale des Affaires sanitaires de la région de Tabouk, en Arabie Saoudite, a déclaré que «les points de contrôle sanitaire situés dans cette région sont fin prêts à accueillir les pèlerins dont les premiers contingents sont attendus ce jeudi.» Les autorités sanitaires saoudiennes assurent que «toutes les mesures sanitaires seront prises pour assurer une meilleure couverture sanitaire durant leur séjour des pèlerins sur les lieux saints afin d'éviter toute contamination

Ces communiqués, réunions et recommandations parfois diamétralement opposés laissent perplexe tout un chacun et font se poser un certain nombre de questions :

  1. Pourquoi les ministres arabes de la santé des pays arabes se sont réunis pour sortir avec des recommandations  que la plupart des pays ont décidé de ne pas appliquer ?
  2. En Algérie , les communiqués relatifs à l’application ou non des restrictions émanent du ministère des affaires religieuses et non de celui de la santé ou à la rigueur de communiqués conjoints .Le ministère de la santé n’a-t-il pas son mot à dire?
  3. Entre la décision de la Tunisie, pays voisin ou le ministre des Affaires religieuses a précisé que, pour l’instant,le vaccin contre le virus reste au stade de l’expérimentationet que, le pèlerinage rassemblant des centaines de milliers de personnes issues d’origines diverses, les risques d’exposition à la grippesont réels. Il a aussi argué du fait que les garanties de traitement sur place de patients potentiels étaient loin d’être réunies, décidant ainsi d’annuler la Omra pour les tunisiens ou celles de l’Algérie (que nous avons déjà cité plus haut)  et du Maroc (où me conseil supérieur des oulémas réuni le 5 juillet dernier maintient  aussi bien la Omra que le  Hadj), qui est dans le vrai et qui a tord ?
  4. Les assurances données par les autorités sanitaires saoudiennes n’auraient elles pas un substratum économique et financier ? L’impact économique est tellement important qu’on se demande si le gouvernement saoudien peut se permettre d’envisager l’annulation du pèlerinage ? Cet impact économique ne concerne d’ailleurs pas seulement l’économie saoudienne mais tous les pays où le manque à gagner pour les agences de voyage est important.

grippe A H1N1

grippe A H1N1

Pour notre part, en ne gardant à l’esprit que la sécurité non seulement des pèlerins mais également  celles des populations des différents pays d’où proviennent les pèlerins, il aurait été sage d’appliquer les recommandations émises par la réunion du Caire du 22 juillet  pour la Omra qui servirait de test pour les autorités sanitaires des différents pays arabo-musulmans et surtout de l’Arabie Saoudite et de différer toute décision concernant le Hadj.

Par ailleurs, maintenant que le vaccin contre la grippe AH1N1 vient d’être mis au point , une deuxième réunion des ministres arabes de la santé  (voire des ministres des pays où l’Islam est la religion prédominante) devrait se tenir rapidement pour demander à l’OMS ainsi qu’aux différentes instances internationales que la population des pèlerins devant se rendre en novembre aux lieux saints de l’Islam  ,soit prioritaire pour la vaccination antigrippale dès que l’AMM aura été obtenu (ce qui est prévu pour le mois d’octobre) . C’est la seule possibilité d’éviter une extension exponentielle de la grippe AH1N1 après le retour des pèlerins dans leurs pays respectifs. 


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