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Dyslexie : comment y faire face
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Dyslexie : comment y faire face

Au début de l'année, l’enseignant note de nombreuses difficultés rencontrées par certains étudiants, notamment dans les sections de troisième à quatrième année primaire, sous la forme des troubles d'apprentissage, difficulté à associer aux lettres leurs sons qui correspondent (correspondance graphèmes/phonèmes), lier les consonnes et les voyelles et associer les syllabes.

Ce qui fait que l'enseignant a du mal à suivre cette catégorie d'élèves et ceci, parce qu'il ne connait pas l'ampleur des difficultés auxquelles ils sont confrontés, ce qui les conduit à l'échec scolaire répété.

Qu’est ce que la Dyslexie ?

Dyslexie, ou trouble spécifique de la lecture, est un terme qui renvoie à la présence de difficultés dans l’acquisition de cette habileté. Ce trouble apparaît dès les premiers moments de l’apprentissage de la lecture, lorsque l’on enseigne à l’enfant à saisir et à traduire les graphies.

Les phonèmes et les sons des lettres, en somme à décoder les mots. D’une façon générale, la dyslexie est définie comme un trouble de l’identification des mots écrits. Cette difficulté de lecture provient d’une atteinte constitutionnelle touchant les mécanismes du cerveau, ses causes sont donc d’origine neurologique et génétique.

Les types de dyslexie :

  1. la dyslexie phonologique : est la plus fréquente et se traduit par de grandes difficultés dans les conversions grapho-phonémiques.

 On observe :

- Une méconnaissance des règles de conversion.

- Des erreurs d'ordonnancement avec des inversions, des ajouts, des omissions.

- Des substitutions de graphèmes visuellement proches : b/d - u/n...

- Des confusions entre phonèmes sourds et sonores : p/b - t/d...

- Des substitutions de mots graphiquement proches.

La lecture de l'enfant repose essentiellement sur sa capacité à reconnaître le mot globalement sans qu'il puisse en analyser les éléments constitutifs. Cette capacité de mémorisation globale de mots nouveaux est cependant handicapée par les faibles capacités de déchiffrage grapho-phonémique nécessaires à la découverte autonome de nouveaux mots écrits. De ce fait, l'enfant peut lire les mots connus (réguliers et irréguliers) mais ne lit pas, ou mal, les mots inconnus pour lesquels il se contente alors d'une approximation par ressemblance visuelle.

  1. La dyslexie de surface (dyséidétique): se traduit par un accès perturbé au sens. On observe :

- Un bon déchiffrage de mots réguliers et de pseudo-mots.

- Un faible lexique de mots reconnus globalement.

- Une incapacité à lire les mots irréguliers.

La lecture est très coûteuse en effort cognitif puisqu'elle repose entièrement sur un déchiffrage grapho-phonémique systématique. L'attention est entièrement consacrée au décodage. Le rythme de lecture est donc très lent et les problèmes de compréhension sont majeurs.

  1. Dyslexie profonde et dysorthographie associée : cette dyslexie est caractérisée par un déficit de la voie phonologique avec la production d’erreurs sémantiques, en lecture de mots isolés. Le lecteur ne peut presque pas lire les mots nouveaux.
  2. Dyslexie mixte: c’est lorsque les deux voies de lecture sont touchées soit de façon équivalente soit lorsqu’une voie est atteinte avec des troubles associés.

Deux autres types dyslexies se produisent avant que le mot ne soit analysé par les deux voies, ce sont des dyslexies périphériques :

  1. Dyslexie visuo-attentionnelle:

C’est une dyslexie que l’on peut rencontrer chez une personne qui présente des difficultés d’attention. Les symptômes sont, entre autres, une confusion des lettres dont la forme est proche, le saut de ligne, une difficulté de balayage visuel, etc.

  1. Dyslexie lettre à lettre :

C’est une forme de dyslexie qui est très rare. La lecture se fait par épellation de chaque lettre qu’il s’agisse de mots réguliers, irréguliers ou non mots.

Symptômes de la dyslexie :

1. Une difficulté de compréhension des mots en rime ;

2. Une difficulté ou un faible intérêt à apprendre les lettres de l’alphabet ;

3. Une lecture incorrecte, lente ou nécessitante des efforts importants ;

4. Une difficulté à comprendre le sens de ce qui est lu (Il peut lire le texte avec précision mais ne pas comprendre la signification profonde de ce qui est lu) ;

5. Une mauvaise orthographe (par exemple, il peut ajouter, ou omettre, ou substituer des voyelles ou des consonnes) ;

6. Une mauvaise expression écrite ;

7. Raisonnement mathématique inefficaces ou inexacts ;

8. Évitement des activités nécessitant d'écrire et de lire ;

9. Une faible mémoire à court terme ;

10. Une difficulté à apprendre les langues étrangères ;

11. Au niveau moteur, l’enfant peut avoir des problèmes pour effectuer certaines activités qui nécessitent une bonne coordination, comme lacer ses chaussures ;

12. Des problèmes de vue pendant la lecture, par exemple l’enfant peut dire voir les lettres et les mots qui bougent ou qui paraissent flous ;

13. Bien répondre aux questions à l’oral mais avoir des difficultés à écrire la réponse.

Causes de la dyslexie :

Les origines de la dyslexie ne sont pas connues.

Les scientifiques pensent que l’origine est génétique ou environnementale, mais on a récemment découvert que des connexions anormales du cerveau peuvent provoquer la dyslexie.

Pendant la lecture, le patient dyslexique active moins la région occipito-temporale gauche, alors qu’il utilise plus la région temporo-pariétale droite.

Comment fonctionne le cerveau des personnes dyslexiques:

Grâce à l’observation de certains sujets, on a pu établir le parcours suivi au cours de la lecture. Une entrée visuelle est d’abord captée par les régions occipitales ; les informations sont ensuite transmises à la région occipito-temporale ventrale gauche, que les scientifiques ont nommé zone de l’analyse visuelle des mots. Celle-ci est responsable de l’analyse de la forme des lettres, de leur reconnaissance et de l’assemblage en mots.

Enfin, ces informations visuelles activent d’autres régions de l’hémisphère gauche liées à l’accès au sens et à l’accès à la prononciation et à l’articulation (sonorité). Ces deux dernières régions interviennent dans le traitement du langage parlé. En somme, la lecture est une opération complexe qui active successivement de nombreuses zones du cerveau – et pas seulement l’hémisphère gauche, comme certains modèles dépassés le laissaient entendre.

Il est important de contextualiser les troubles d’apprentissage dans un modèle où les entrées des informations ou les fonctions du cerveau sont soit inefficaces, soit dysfonctionnelles :« Pratiquement toutes les études d’imagerie cérébrale de la dyslexie retrouvent une sous-activation de la région temporale postérieure gauche chez les dyslexiques ».

Diagnostic:

Pour diagnostiquer la dyslexie il faut attendre la fin de la deuxième année primaire. L'enseignant en premier lieu, ainsi que certains spécialistes (exemple le médecin de famille, le pédopsychiatre, l’orthophoniste de l'école, ou un psychomotricien) ont un rôle très important dans le dépistage de la dyslexie de chez l'enfant scolarisé.

Traitement :

La rééducation orthophonique intervient une ou deux fois par semaine pendant plusieurs mois. Elle permet plus de compenser la dyslexie que de véritablement la guérir. Toutefois, une dyslexie légère (voire moyenne), prise en charge suffisamment tôt, permet à l'enfant de suivre une scolarité normale malgré les difficultés inévitables liées à ce trouble.

Conseils: 

1. Lire les consignes pour l’enfant.

2. Tests de lecture faits à l’oral avec l’enseignante ressource. Elle lit le texte et les questions et l’élève répond oralement.

3. La partie compréhension écrite du bulletin descriptif est remplacée par la compréhension orale.

4. Diminuer le nombre de mots d’orthographe à étudier. On peut ne pas les comptabiliser au bulletin.

5. Si les devoirs de verbe et de tables sont trop difficiles pour l’enfant, ils peuvent devenir des pratiques pour se servir des outils comme le Bescherelle et le tableau de multiplication.

6. Lui demander de lire les questions de la compréhension de texte avant le texte.

7. Lorsque l’élève a de la difficulté à résumer le texte lu : lui faire dire oralement, s’il peut, c’est l’écrit qui bloque. Sinon, on lui fait résumer une petite partie à la fois.

8. Donner des trucs simples pour qu’il distingue nom, verbe, adjectif, etc.

9. Pour savoir si un livre est trop difficile, prendre une page au milieu du livre et demander à l’élève de la lire en levant un doigt à chaque fois qu’il rencontre un mot qu’il ne connaît pas. S’il en lève cinq, le livre est probablement trop difficile pour lui.

10. Les tests des autres matières sont faits en classe. L’enseignant lit les consignes. Si le résultat est faible, l’enseignant donne la copie à l’enseignante ressource qui fait une révision en s’assurant que les questions ont été comprises.

11. Ne pas le faire lire à haute voix devant les autres.

12. L’élève doit suivre les mots avec son doigt lorsqu’il lit.                                         

13. Encourager l’enfant à réfléchir sur un mot inconnu en le comparant à un mot qui lui ressemble.

14. Enseigner à l’enfant à se créer des images mentales qu’il pourrait associer avec des mots ou des lettres.

15. Ne pas donner des textes trop longs à lire car il ne peut lire qu’en décodant.

16. Ne pas compter les fautes sur les lettres, les sons et règles non maîtrisés. Lui dire que l’on commencera à enlever les fautes lorsqu’il aura fait des progrès.

17. Préparer une carte avec le mot. Lui demander de l’écrire trois fois en disant le mot et les lettres à voix haute. Tourner ensuite la carte et écrire trois fois le mot.

18. S’assurer que l’élève connaît la signification du mot.

19. Aider l’élève à se monter un dictionnaire personnel

 

Références :

1-Pierre BARROUILLET et autres, Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie. Bilan des données scientifiques, Paris, éditions de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, coll. « Expertise collective », 2007.

2-Stanisl as Dehaene, Les neurones de la lecture, Paris, Odile Jacob, 2007.

3-American Psychiatric Association, DSM-5 : diagnostic and statistical manual of mental disorders, 5ème édition, Washington, D.C., American Psychiatric Association, 2013


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